Tel : 01 47 58 47 47 / Fax : 01 47 58 92 32
0

Entretien avec Nadir El Jouaidi : de stagiaire à expert-comptable

Interview Nadir El Jouaidi

Après trois ans de stage, Nadir El Jouaidi est désormais expert-comptable et commissaire aux comptes de plein exercice au sein du cabinet Rougagnou-CGA. Il a accepté de se prêter au jeu des questions-réponses pour nous raconter cette transition, nous parler de ses missions quotidiennes, et partager sa vision du métier.

Qu’est-ce qu’un « stage d’expertise-comptable » exactement ?

Le stage est une étape indispensable en vue de l’obtention du DEC [le diplôme d’expertise-comptable, de niveau bac+8]. Après le DSCG [le diplôme supérieur de comptabilité et de gestion, de niveau bac+5], chaque candidat doit effectuer un stage d’une durée de trois ans, dont deux ans obligatoirement en cabinet d’expertise-comptable. On parle de « stage », mais le « stagiaire » travaille en réalité en tant que salarié, généralement en contrat à durée indéterminée. Cette expérience sur le terrain, alliée à des formations organisées par l’Ordre des Experts-Comptables auquel le stagiaire est inscrit et à la préparation d’un mémoire, est incontournable pour présenter l’examen et obtenir le diplôme d’expertise-comptable. Lorsque le moment est venu pour moi d’accomplir ce stage, j’ai choisi d’intégrer le cabinet Rougagnou-CGA.

Quels étaient tes objectifs en évoluant vers la profession d’expert-comptable ?

En somme, la question serait : « Pourquoi ne pas être resté collaborateur comptable ? » (rires). Il y a deux réponses. D’abord, je suis motivé par l’aspect entrepreneurial du métier d’expert-comptable – et j’aime par-dessus tout apprendre, monter en compétences, voir plus loin. J’estime qu’il est essentiel d’emmagasiner des connaissances et compétences pour répondre aux besoins des clients et aux obligations auxquelles ils sont soumis. Il se trouve que la formation d’expert-comptable mêle idéalement bagage académique et cas pratiques. Ensuite, je m’inscris totalement dans la logique « up or out » qui fait foi dans les métiers de la prestation, autrement dit : chercher à progresser sans cesse pour ne pas stagner – et risquer de tourner en rond.

Comment vois-tu tes missions actuelles ?

La réponse à cette question est indissociable de mon cadre de travail. Il faut savoir que, d’un point de vue purement technique, les cabinets d’expertise-comptable se ressemblent, au sens où ils ont des attributions similaires. Mais, pour le reste, il y a autant de visions du métier qu’il existe de cabinets différents. Là où le cabinet Rougagnou se distingue, c’est par son approche novatrice de l’expertise-comptable : accompagnement de proximité, liens forts tissés avec les clients, utilisation des nouvelles technologies pour optimiser la productivité, réduire la marge d’erreur et apporter plus de valeur ajoutée en proposant des missions sur mesure parfois éloignées des missions traditionnelles.

Le cabinet m’offre un environnement responsabilisant : alors que certaines structures demandent à leurs collaborateurs de se focaliser sur une spécialité à appliquer ponctuellement à des clients, au sein du cabinet Rougagnou-CGA, chacun gère ses clients de A à Z, selon leurs besoins, dans tous les aspects, depuis le courant – et le non-courant – jusqu’au bilan. C’est extrêmement positif de mon point de vue, sans parler du fait que chaque collaborateur dispose d’une solide expérience et qu’il en fait bénéficier à toute l’équipe.

Enfin, sur un plan purement technique, il y a le fait que le diplôme d’expert-comptable combiné à mon expérience optionnelle en audit validée pendant le stage me permet d’exercer également en tant que commissaire aux comptes. Sans insister sur ce qui sépare ces deux métiers, il faut juste rappeler que l’expert-comptable aide à produire les comptes, tandis que le commissaire aux comptes les certifie. 

Quelles missions apprécies-tu particulièrement ?

Je dirais qu’il s’agit plus de clients que de missions. J’aime en particulier travailler avec nos clients internationaux : il y a de nombreux projets à prendre en charge, beaucoup de questions qui se posent régulièrement, et les tâches demandées vont souvent au-delà de l’établissement des comptes annuels – ce qui en fait un challenge quotidien, forcément stimulant.

Depuis un an, je travaille par exemple avec la filiale d’un groupe germano-suisse qui propose des services aux entreprises, et qui vient d’ouvrir un bureau à Paris comptant aujourd’hui une dizaine de salariés. Le groupe avait besoin d’un avocat pour la création de la structure juridique, et d’un expert-comptable pour l’accompagnement sur les plans comptable, fiscal et social. Au-delà des problématiques propres à une création, la filiale, en pleine croissance, fait face à la nécessité de remonter des informations à la maison-mère : tous les mois, il faut rapidement relever les compteurs, établir des bilans intermédiaires et les expliquer à la maison-mère. C’est à la fois intense et passionnant.

Je pourrais citer de nombreux autres exemples, comme celui d’une filiale d’un groupe anglo-saxon qui, suite au rachat de ce dernier par un groupe côté en Bourse, devait changer de système d’information pour passer à SAP. Ingénieur de formation et fort de mon expérience professionnelle préalable en tant que consultant, nous l’avons accompagnée dans sa migration sur la France. C’est cette diversité qui fait tout le sel de ce métier.

Ce que j’apprécie, également, c’est la notion de challenge. Dans ce contexte très particulier de pandémie, chaque mission, même la plus basique, prend des proportions nouvelles. Il faut non seulement assurer le quotidien, mais aussi rester à l’écoute des évolutions légales et traduire les mesures gouvernementales pour le compte de nos clients. Le tout, sans savoir de quoi sera fait demain mais il faut l’envisager autant que possible pour continuer d’avancer.

Après le diplôme d’expertise-comptable, quelle sera la prochaine étape ?

Demain, je voudrais continuer d’accompagner et de développer ma clientèle, faire contribuer davantage de collaborateurs sur mes dossiers. Ensuite, il y a la volonté de monter en compétences et de développer mes connaissances. J’ai participé récemment aux universités d’été de l’Ordre des experts-comptables et au Congrès annuel de la profession. Et comme tous les représentants du métier, je dois suivre des formations continues afin d’être à jour et de pouvoir assurer un accompagnement de qualité. La prochaine étape, c’est donc : toujours plus de savoir et d’engagement dans ma profession !

 

Un grand merci à Nadir El Jouaidi.

Articles en corrélation

Laisser un commentaire